La palette de Narmer (1er
côté)
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La palette de Narmer (2e
côté)
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L'institution de l'Etat
pharaonique a été le
produit d'une lente
construction qui s'est
étendue sur plusieurs
siècles. Grâce aux
fouilles entreprises,
les spécialistes
connaissent mieux les
différentes phases de
cette élaboration,
notamment pour la
période appelée "
dynastie 0 " qui à
précédé la Ire
dynastie royale.
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Dans les
toutes
premières
années du
XXe siècle,
deux
égyptologues,
Quibell et
Green,
découvrent
dans le
temple
d'Horus à
Hierakonpolis
une palette
en schiste
vert haute
de
soixante-trois
centimètres
qui va
devenir la
fameuse "
palette de
Narmer ".
Celle-ci
comporte un
certain
nombre de
signes ainsi
que des
hiéroglyphes
qui sont
pris
d'emblée
pour la
forme la
plus
ancienne de
l'écriture.
Ce
classement
introduit
immédiatement
la
conviction
qu'il
existait une
période "
avant Narmer
", période
préhistorique
puisque sans
écriture,
qui a
précédé la
soudaine
apparition
d'une
civilisation
avancée,
donc
l'invasion
d'une
peuplade
civilisée du
Proche-Orient.
Cette même
palette de
Narmer est
également
interprétée
comme une
preuve de
l'unification
de l'Egypte
par ce roi.
C'est donc
un objet
plat de
schiste vert
mesurant
soixante-trois
centimètres
de haut.
La palette
est très
finement
décorée sur
ses deux
faces.
Au sommet,
deux têtes
de vache
symbolisent
la déesse
Hathor.
L'annonce de
l'unification
des deux
parties du
territoire
est
clairement
représentée.
Au recto, le
souverain
est coiffé
d'une
couronne
blanche
symbolisant
la
Haute-Egypte.
Au verso, il
porte la
couronne
rouge de la
Basse-Egypte.
Selon la
mythologie,
les premiers
rois qui
régnèrent
sur le pays
furent des
dieux.
Les
différentes
lignées
royales
égyptiennes
ont donc
pour racines
communes les
règnes
mythiques de
Seth et
d'Horus.
Après eux,
vinrent les
souverains,
êtres
humains
adorateurs
de ces mêmes
dieux et qui
sont donc
eux-mêmes
des
demi-dieux.
Après le
règne
d'Horus,
dernier dieu
qui fut en
même temps
roi, la
tradition
relève
plusieurs
dynasties de
ces
demi-dieu de
souverains
humains.
Le Papyrus
de Turin,
qu'on a pu
dater avec
certitude du
règne de
Ramsès II,
révèle avant
les noms
royaux dont
l'existence
est attestée
par des
indices
archéologiques,
la
domination
de dieux
tels que
Gheb,
Osiris,
Seth, Horus,
Thot, Maât,
etc., sur
une durée de
plusieurs
siècles.
Au total, le
Papyrus de
Turin
identifie
sept
dynasties
qui auraient
précédé
celle de
Narmer,
qu'on
appelle
également
Ménès.
La dernière
de ces
dynasties
est celle de
Shemsou Hor,
qu'on peut
traduire par
" les
suivants
d'Horus ".
Ce sont eux,
qui
précèdent
les
souverains
de a Iere
dynastie et
qui sont
regroupés
sous le
voccable de
" dynastie 0
", soit de
3300 à 3100
av. J.-C.
Cette
branche
royale avait
pour
capitale
Thinis, et
Abydos était
sa
nécropole.
C'est
d'ailleurs
l'exploration
de cette
dernière qui
a permis une
nouvelle
subdivision
de la
dynastie 0
en trois
périodes :
le début, le
milieu et la
fin.
La première
période
concerne
trois rois
dont on
ignore les
noms, mais
dont les
dépouilles
laissent
apparaître
les premiers
attributs du
pouvoir,
dont un
sceptre et
des
empreintes
de sceaux
cylindriques,
ce qui
laisse
supposer
l'existence
d'une
organisation
administrative..
Le deuxième
groupe se
distingue
par des
sépultures
souterraines
en brique.
Des
fragments de
sceptre
d'ivoire
accompagnent
les
dépouilles,
de même que
des
empreintes
de sceaux et
des
étiquettes
de jarres
portant la
marque d'une
première
écriture.
Les noms des
souverains
apparaissent
sur des
poteries qui
rappellent
l'animal
fétiche du
défunt.
Le troisième
groupe,
qu'on
attribue à
la fin de la
dynastie 0,
est enterré
sous des
tumuli et le
nom du
souverain
est inscrit
dans un
rectangle,
le serekh,
figurant la
façade d'un
palais ou
d'un temple
et que
surmonte le
symbole
royal, le
faucon
représentant
Horus.
Mais où ces
rois
régnaient-ils
?
Quels
territoires
dirigeaient-ils
?
Existait-il
un royaume
de
Basse-Egypte
?
Autant de
questions
qui se
posent
encore et
que les
découvertes
faites dans
ces tombes
de la
dynastie
pourront
peut-être un
jour tirer
au clair.
Un certain
nombre de
vestiges,
tels ceux
qui ont été
retrouvés
dans une
tombe du
premier
groupe,
attestent,
par exemple,
le stockage
d'un très
grand nombre
de jarres de
vin
originaires
de
Basse-Egypte
et de
Palestine.
Or, il a été
observé dans
la partie
orientale du
delta du Nil
des traces
d'abandon,
puis de
reprise
d'activités,
avec
désertification,
puis
réoccupation
des lieux et
nouvelles
implantations,
notamment le
long des
routes
commerciales
menant du
delta
oriental à
la
Palestine.
En revanche,
de l'autre
côté du
delta, sur
sa partie
occidentale,
aucune trace
de rupture
dans
l'activité
humaine n'a
été
observée,
mais, au
contraire,
une
évolution
continuelle
et
progressive
des usages
et des
coutumes
venus du
Sud, ce qui
peut inciter
à penser que
les
souverains
qui
régnaient
sur cette
partie de
l'Egypte
bénéficiaient
d'une
autonomie et
d'une
prospérité
qui leur
permettaient
d'échapper à
l'influence
et à la
domination
des
souverains
d'Abydos.
Certains
égyptologues
se sont
appliqués à
rechercher
les ancêtres
de Narmer
(ou Ménès),
en partant
des
représentations
d'animaux ou
d'évocations
végétales
reproduites
sur les
vases et les
étiquettes
des jarres
qui
pouvaient
être la
marque de
domaines
agricoles
appartenant
à différents
rois.
En les
confrontant
à d'autres
signes
relevés sur
des statues,
il a été
possible
d'avancer
qu'il aurait
existé des
rois
Eléphant,
Coquillage,
ou Taureau,
sans qu'on
sache
vraiment si
ces signes
ne servent
pas
également à
désigner des
lieux.
Les
spécialistes
ont
concentré
leurs
recherches
sur les
signatures
royales
relevées sur
les
poteries.
Celles de la
fin de la
période de
la dynastie
0 comportent
un faucon
surmontant
le serekh à
l'intérieur
duquel le
nom du roi
apparaît.
Ainsi,
l'existence
d'un
souverain
nommé Hedjou,
symbolisé
par trois
massues
gravées dans
un serekh
surmonté
d'un faucon
est bien
attestée.
D'autres
rois, en
revanche, ne
font pas
l'unanimité
parmi les
chercheurs.
Ainsi,
l'Horus Ro,
qu'on peut
aussi lire "Iry-Hor
". Son
nom,
symbolisé
par un
faucon
perché sur
un petit
dôme, n'est
pas inscrit
dans un
serekh.
L'ordre de
succession
de rois de
la dynastie
0 est
particulièrement
complexe,
car
l'évolution
des supports
d'écriture
est
extrêmement
lente et
différents
noms peuvent
être
inscrits sur
un même type
de vestiges,
notamment
des jarres.
C'est le cas
pour Narmer
et ses trois
prédécesseurs.
Mais la fin
de la
dynastie 0
est mieux
connue, avec
l'avènement
de Ka Sekhen
dont le nom
est figuré
par une
paire de
bras gravée
dans le
serekh.
Ce pharaon
est enterré
à Abydos, sa
tombe se
composant de
deux
chambres
rectangulaires
en brique
qui furent
peut-être
reliées à
l'origine
par un étage
supérieur
commun.
Deux serekh
portant les
noms de Ka
Sekhen et de
Narmer ont
été
découverts
en
Palestine,
ce qui tend
à prouver
leur
proximité
chronologique.
Par
ailleurs,
des tombes
contenant
des vases au
nom de Ka
Sekhen ont
été
découvertes
à
Hélouan, ce
qui prouve
l'existence
de cette
cité avant
le
règne de
Narmer.
Et comme le
nom de ce
souverain
figure sur
des poteries
du delta
oriental, il
es même
possible
d'avancer
que Ka
Sekhen
régnait sur
la totalité
de l'Egypte.
Selon
Manéthon, à
qui on doit
l'organisation
de la
chronologie
royale en
dynasties,
le fondateur
de la lignée
royale
égyptienne
fut Ménès
qui aurait
régné une
soixantaine
d'années et
serait mort
lors d'une
chasse à
l'hippopotame.
La
découverte
d'empreintes
de sceaux
prouve que
Ménès et
Narmer ne
font qu'un.
Quant à
l'existence
de deux
royaumes de
Haute et de
Basse-Egypte
avant Narmer,
elle
apparaît
clairement
dans les
textes
historiques
et
religieux.
Manéthon
fait pour sa
part mention
de tente
rois du
Nord, dont
Memphis
était la
résidence,
et de dix
rois,
successeurs
d'une
dynastie de
demi-dieux
résidant à
Thinis.
La pierre de
Palerme
offre à cet
égard
d'intéressantes
précisions.
Une lignée
de treize
rois y
figure avec
la couronne
de la
Basse-Egypte.
Sept noms
complets
subsistent :
Seka, Khayou,
Tiyou, Tsesh,
Neheb,
Wadjandj et
Mekhet.
Dix autres
rois
figurent
également
avec la
double
couronne,
mais sans
qu'aucun nom
ne soit
mentionné.
On peut
interpréter
cette source
comme
indiquant,
d'une part,
une lignée
de
souverains
gouvernant
une Egypte
unifiée et
pouvant
correspondre
aux rois de
la dynastie
0 enterrés à
Abydos,
c'est-à-dire
les "
Shemsou Hor
", pour la
fin de
période.
Et, d'autre
part, à une
lignée de
souverains
du Nord
remontant à
une période
plus
ancienne,
peut-être à
celle où
deux
civilisations
distinctes
ont cohabité
sur les
rives du
Nil.
La
Basse-Egypte
aurait alors
représenté
une culture
orientée
vers le
Proche-Orient
et plus
avancée que
celle de la
Haute-Egypte.
On peut
aussi
imaginer
l'existence
d'un royaume
indépendant
dans le
delta, cette
hypothèse
étant
alimentée
par la
découverte
d'un serekh
surmonté
d'une tête
de taureau
remplaçant
les faucons
et inséré au
milieu d'un
banc de
crocodiles.
Mais bien
que cette
hypothèse
puisse être
retenue
comme
possible,
c'est bien
Narmer qui
reste encore
aujourd'hui
considéré
comme le
souverain
unificateur
de l'Egypte
et le
souverain
fondateur de
la Iere
dynastie.