Ancien Empire

de 2575 à 2152 avant J.-C.

 

IVe, Ve et VIe dynasties

 

 

        

 

 

 

Table rituelle pour les embaumements découverte à Saqqarah

 

 

 

L'Ancien Empire, âge classique, âge d'or, période faste, époque féconde où la civilisation égyptienne atteint son plus haut point de raffinement et de perfection.  Telle pourrait être la définition de l'Ancien Empire.  Pourtant, cette période de l'histoire du pays est brève.  Elle dure en effet moins d'un demi-millénaire, de 2575 à 2150 environ av.J.C. et recouvre les IIIe, IVe, Ve et VIe dynasties.  Son apogée se situe aux IVe et Ve d'entre elles dont les principaux règnes sont ceux de Djoser, Séfrou, Khéops, Khéphren, Mykérinos, tous de grands bâtisseurs. Bâtir, élever des temples et des sanctuaires à la gloire des dieux, telle est en effet la tâche essentielle, la vocation à laquelle se consacrent les souverains, les nobles et les dignitaire de cette période d'intense réalisation architecturale.  C'est le moment où s'érigent les pyramides du plateau de Gizeh.  Dans cette perspective, l'exploitation des carrières est l'une des activités majeures de l'Ancien Empire.  Les plus renommées sont celles de Ouadi Amammât.  Situées en Haute-Egypte, à mi-chemin entre la vallée du Nil et la mer Rouge, elles sont d'un accès difficile, mais les pierres qui en sont extraites se révèlent d'une incomparable qualité.  On accède, en revanche, plus facilement aux carrières de Toura, situées en Basse-Egypte.  Proches de Memphis, sur la rive droite du fleuve, elles fournissent les matériaux nécessaires à la construction des pyramides et des innombrables temples et statues qui donnent alors à l'Egypte cette étonnante physionomie d'immense chantier où s'active en permanence une multitude d'architectes, d'artisans, d'ouvriers, de tâcherons.  C'est tout un peuple qui travaille, uni dans la réalisation d'une besogne sacrée.  Car, pour les Egyptiens de l'Ancien Empire, les dieux sont présents sur la terre.  Dès lors, ils ont besoin d'un lieu qui leur servira de demeure vers laquelle seront acheminées les offrandes qui leur sont adressées.  Les temples deviennent donc de véritables réserves où sont stockées en énormes quantités toutes sortes de denrées allant du grain au bétail sur pied en passant par des animaux de basse-cour, du vin, des pièces de tissu, des parfums, etc.  Toutes ces marchandises sont prises en compte, entreposées et administrées par les prêtres qui assurent la gestion des temples avant d'être redistribuées aux populations.  En fait, les lieux de culte servent également de magasins généraux et de régulateurs de l'économie.  L'Ancien Empire est doté d'une administration puissante et parfaitement structurée.  Le scribe, placé sous la protection du dieu Thot, constitue le rouage principal de cette organisation que chapeaute un vizir.  Celui-ci, dont le titre principal est " directeur de tous les travaux du roi ", étend son autorité à la plupart des domaines.  Viennent ensuite les courtisans, qui sont les familiers du souverain et chargés à ce titre de l'habiller, de porter ses sandales, de veiller à son confort et à la satisfaction de ses désirs.  D'autres corporations approchent Pharaon.  Aussi, les médecins et barbiers font partie de ses proches de même que les cuisiniers, dont la charge est particulièrement enviée.  L'armée est plus une milice recrutée en cas de besoin qu'une force à caractère permanent.  En fait, les opérations militaires de l'Ancien Empire ne sont pas tournées vers la conquête.  Elles se limitent à des actions de maintien de l'ordre, essentiellement en Nubie, en Libye et en Palestine.  Ce sont également des milices locales qui assurent les tâches de police dans les villes et les campagnes.  Le désert, plus difficile à contrôler en raison de son étendue, est sillonné par les patrouilles d'une formation spécialement chargée d'assurer la sécurité des caravanes contre les pillards.   Quant à la protection du souverain, elle incombe à un corps d'élite affecté à la garde du palais.  Memphis est la capitale administrative de l'Ancien Empire.  Héliopolis en est la capitale religieuse, la cité sainte où se dresse le temple du dieu Rê.  Chaque province, ou " nome ", est gouvernée par un nomarque qui réside dans la cité principale du nome.  Chacun de ceux-ci bénéficie d'une assez large autonomie, tant sur le plan économique que sur les plans militaire et politique.  Toutefois, et malgré le faste dont s'entourent les nomarques, l'autorité du souverain est constamment rappelée par la présence de scribes détachés par le pouvoir central et dont la mission est d'exercer un contrôle sans faille des administrations locales.  Malgré le zèle et la compétence légendaires des fonctionnaires royaux, c'est pourtant des nomes et de l'attitude des nomarques que vient l'effondrement de l'Ancien Empire.  Lorsque débute la VIe dynastie, vers 2460 av.J.C., l'Ancien Empire est à son apogée, le pays est calme et prospère.  Mais la longueur du règne de Pépi II - la tradition affirme qu'il a duré quatre-vingt-quatorze ans - favorise l'usure de l'autorité royale et son écroulement au profit des pouvoirs locaux et des ambitions qui se donnent libre cours.  Commence alors une déliquescence rapide du pouvoir central qui aboutit vers 2200 av.J.C. à la première de ces trois grandes dépressions qu'on appelle Périodes intermédiaires.  Celle qui commence se caractérise par l'appauvrissement, la violence, la succession rapide et brutale des dynasties, l'incapacité des souverains à gouverner.  La prospérité fait place au chaos.

Extraits des Editons Atlas

 

 

 

 

 

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