L'Ancien
Empire, âge
classique,
âge d'or,
période
faste,
époque
féconde où
la
civilisation
égyptienne
atteint son
plus haut
point de
raffinement
et de
perfection.
Telle
pourrait
être la
définition
de l'Ancien
Empire.
Pourtant,
cette
période de
l'histoire
du pays est
brève.
Elle dure en
effet moins
d'un
demi-millénaire,
de 2575 à
2150 environ
av.J.C. et
recouvre les
IIIe,
IVe,
Ve
et VIe
dynasties.
Son apogée
se situe aux
IVe
et Ve
d'entre
elles dont
les
principaux
règnes sont
ceux de
Djoser,
Séfrou,
Khéops,
Khéphren,
Mykérinos,
tous de
grands
bâtisseurs.
Bâtir,
élever des
temples et
des
sanctuaires
à la gloire
des dieux,
telle est en
effet la
tâche
essentielle,
la vocation
à laquelle
se
consacrent
les
souverains,
les nobles
et les
dignitaire
de cette
période
d'intense
réalisation
architecturale.
C'est le
moment où
s'érigent
les
pyramides du
plateau de
Gizeh.
Dans cette
perspective,
l'exploitation
des
carrières
est l'une
des
activités
majeures de
l'Ancien
Empire.
Les plus
renommées
sont celles
de Ouadi
Amammât.
Situées en
Haute-Egypte,
à mi-chemin
entre la
vallée du
Nil et la
mer Rouge,
elles sont
d'un accès
difficile,
mais les
pierres qui
en sont
extraites se
révèlent
d'une
incomparable
qualité.
On accède,
en revanche,
plus
facilement
aux
carrières de
Toura,
situées en
Basse-Egypte.
Proches de
Memphis, sur
la rive
droite du
fleuve,
elles
fournissent
les
matériaux
nécessaires
à la
construction
des
pyramides et
des
innombrables
temples et
statues qui
donnent
alors à
l'Egypte
cette
étonnante
physionomie
d'immense
chantier où
s'active en
permanence
une
multitude
d'architectes,
d'artisans,
d'ouvriers,
de
tâcherons.
C'est tout
un peuple
qui
travaille,
uni dans la
réalisation
d'une
besogne
sacrée.
Car, pour
les
Egyptiens de
l'Ancien
Empire, les
dieux sont
présents sur
la terre.
Dès lors,
ils ont
besoin d'un
lieu qui
leur servira
de demeure
vers
laquelle
seront
acheminées
les
offrandes
qui leur
sont
adressées.
Les temples
deviennent
donc de
véritables
réserves où
sont
stockées en
énormes
quantités
toutes
sortes de
denrées
allant du
grain au
bétail sur
pied en
passant par
des animaux
de
basse-cour,
du vin, des
pièces de
tissu, des
parfums,
etc.
Toutes ces
marchandises
sont prises
en compte,
entreposées
et
administrées
par les
prêtres qui
assurent la
gestion des
temples
avant d'être
redistribuées
aux
populations.
En fait, les
lieux de
culte
servent
également de
magasins
généraux et
de
régulateurs
de
l'économie.
L'Ancien
Empire est
doté d'une
administration
puissante et
parfaitement
structurée.
Le scribe,
placé sous
la
protection
du dieu
Thot,
constitue le
rouage
principal de
cette
organisation
que
chapeaute un
vizir.
Celui-ci,
dont le
titre
principal
est "
directeur de
tous les
travaux du
roi ", étend
son autorité
à la plupart
des
domaines.
Viennent
ensuite les
courtisans,
qui sont les
familiers du
souverain et
chargés à ce
titre de
l'habiller,
de porter
ses
sandales, de
veiller à
son confort
et à la
satisfaction
de ses
désirs.
D'autres
corporations
approchent
Pharaon.
Aussi, les
médecins et
barbiers
font partie
de ses
proches de
même que les
cuisiniers,
dont la
charge est
particulièrement
enviée.
L'armée est
plus une
milice
recrutée en
cas de
besoin
qu'une force
à caractère
permanent.
En fait, les
opérations
militaires
de l'Ancien
Empire ne
sont pas
tournées
vers la
conquête.
Elles se
limitent à
des actions
de maintien
de l'ordre,
essentiellement
en Nubie, en
Libye et en
Palestine.
Ce sont
également
des milices
locales qui
assurent les
tâches de
police dans
les villes
et les
campagnes.
Le désert,
plus
difficile à
contrôler en
raison de
son étendue,
est sillonné
par les
patrouilles
d'une
formation
spécialement
chargée
d'assurer la
sécurité des
caravanes
contre les
pillards.
Quant à la
protection
du
souverain,
elle incombe
à un corps
d'élite
affecté à la
garde du
palais.
Memphis est
la capitale
administrative
de l'Ancien
Empire.
Héliopolis
en est la
capitale
religieuse,
la cité
sainte où se
dresse le
temple du
dieu Rê.
Chaque
province, ou
" nome ",
est
gouvernée
par un
nomarque qui
réside dans
la cité
principale
du nome.
Chacun de
ceux-ci
bénéficie
d'une assez
large
autonomie,
tant sur le
plan
économique
que sur les
plans
militaire et
politique.
Toutefois,
et malgré le
faste dont
s'entourent
les
nomarques,
l'autorité
du souverain
est
constamment
rappelée par
la présence
de scribes
détachés par
le pouvoir
central et
dont la
mission est
d'exercer un
contrôle
sans faille
des
administrations
locales.
Malgré le
zèle et la
compétence
légendaires
des
fonctionnaires
royaux,
c'est
pourtant des
nomes et de
l'attitude
des
nomarques
que vient
l'effondrement
de l'Ancien
Empire.
Lorsque
débute la VIe
dynastie,
vers 2460
av.J.C.,
l'Ancien
Empire est à
son apogée,
le pays est
calme et
prospère.
Mais la
longueur du
règne de
Pépi II - la
tradition
affirme
qu'il a duré
quatre-vingt-quatorze
ans -
favorise
l'usure de
l'autorité
royale et
son
écroulement
au profit
des pouvoirs
locaux et
des
ambitions
qui se
donnent
libre cours.
Commence
alors une
déliquescence
rapide du
pouvoir
central qui
aboutit vers
2200 av.J.C.
à la
première de
ces trois
grandes
dépressions
qu'on
appelle
Périodes
intermédiaires.
Celle qui
commence se
caractérise
par
l'appauvrissement,
la violence,
la
succession
rapide et
brutale des
dynasties,
l'incapacité
des
souverains à
gouverner.
La
prospérité
fait place
au chaos.